L’émergence de l’opinion publique au sein des démocraties contemporaines
- Le terme d’opinion publique se développe au siècle des Lumières (XVIIIe siècle).
- L’opinion publique n'est, au départ, que celle d'une minorité critique vis-à-vis du pouvoir de l’État et de l’Église.
Il s’agit de l’opinion d’un élite cultivée et bourgeoise qui s’oppose aux classes laborieuses de la population (la majorité) et entend préparer l’avènement d’une société nouvelle.
- L'opinion publique se diffuse grâce à des textes variés : pamphlets, brochures, etc.
- Suite à la Révolution française, l’opinion publique s’élargit à un panel de plus en plus vaste de la population grâce notamment à :
l’élargissement du suffrage,
l’action des partis politiques.
- À partir de 1965, on assiste plutôt au développement d’une « démocratie du public » avec le développement des médias et des sondages.
L’électeur devient un spectateur.
Le rôle des sondages dans la mesure de l’opinion
- Les sondages commencent à se développer dans les années 1930 mais deviennent centraux à partir des années 1960.
Ils s’imposent comme un procédé scientifique permettant de faire parler le peuple sans intermédiaire.
- Ils sont le plus souvent effectués par des instituts privés.
- Pour de nombreux observateurs, les sondages enrichissent la démocratie représentative en permettant de reconstituer le principe de publicité.
- Ils sont cependant critiqués, notamment sur :
leurs limites quantitatives (échantillons trop faibles, pas assez représentatifs),
leurs limites qualitatives (ils supposent que tout le monde a un avis sur tout, les sondés sont influencés par le résultat attendu).
L’impact des sondages sur le processus démocratique : vers une démocratie d’opinion ?
- L’actualité économique, sociale ou politique est de plus en plus influencée par la lecture de sondages d’opinion, et notamment les côtes de popularité.
- Les côtes de popularité sont fortement dépendantes des événements.
- Les sondages d’intentions de vote peuvent avoir un impact sur l’issue d’une élection.
En France, la loi du 19 juillet 1977 a longtemps interdit la publication de sondages une semaine avant l’échéance électorale. Depuis 2001, ils sont autorisés jusqu’au week-end précédant l’élection.
- Avec l’essor des sondages, un vote stratégique se développe.
Effet bandwagon : voter pour celui qui semble en position de l’emporter.
Effet underdog : voter pour celui qui semble en difficulté.
- La préférence politique est alors directement influencée par le sondage.
- Selon Jean Stoetzel (1910-1987) cependant, les sondages n’ont que des « effets limités » :
ils confirment les électeurs dans leurs intentions de vote ;
ils permettent aux indécis de se décider ;
ils permettent aux décidés d’être indécis.